Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a effectué une visite de terrain sur le chantier de construction du centre pénitentiaire moderne de Yorokoguiyah, dans la préfecture de Dubréka. Cette mission de suivi s’inscrit dans la dynamique de modernisation du système carcéral guinéen et d’amélioration des conditions de détention.

Sur place, l’entrepreneur en charge des travaux, Keïta Abdoulaye, a présenté en détail les caractéristiques techniques et l’état d’avancement du projet, qu’il qualifie d’ambitieux à l’échelle sous-régionale.

« Ce projet est bâti sur une superficie de 6 hectares, soit 60 000 mètres carrés. Il est structuré autour de trois pôles essentiels », a-t-il expliqué.

Le premier, dédié à l’incarcération, comprend quatre blocs de détention, chacun d’une superficie de 1 600 m², construits sur trois niveaux (R+3). Ces bâtiments sont dotés de miradors culminant à cinq niveaux (R+5), offrant une visibilité à 360 degrés pour renforcer la sécurité. Au total, 432 cellules sont prévues, incluant des espaces d’isolement.

Le deuxième pôle est consacré à la réinsertion des détenus. Il intègre deux centres de formation, un atelier équipé de laboratoires ainsi que des espaces spécialisés, notamment pour des activités comme la soudure, traduisant la volonté de faire de ce centre un véritable outil de réhabilitation sociale.

Enfin, le pôle vie et soutien regroupe les infrastructures essentielles au quotidien des détenus, avec notamment une cuisine, une infirmerie et des lieux de culte, dont une mosquée et une église.

« L’ambition est d’en faire une prison moderne, potentiellement l’une des plus grandes d’Afrique de l’Ouest », a souligné l’entrepreneur. À ce jour, le taux d’exécution global des travaux est estimé à 18 %, tandis que le gros œuvre atteint près de 50 %. « Les travaux ont débuté le 20 janvier 2025 et il reste environ dix mois pour une livraison prévue en janvier 2027 », a-t-il précisé, annonçant par ailleurs le passage imminent à un rythme de travail en continu, 24 heures sur 24, avec l’instauration d’une équipe de nuit afin de respecter les délais contractuels.

Présent lors de cette visite, le président de la délégation spéciale de Dubréka, Aboubacar Soumah, n’a pas caché sa satisfaction face à l’évolution du chantier.

« C’est au moins la quatrième fois que je viens ici. Mais le travail que je vois aujourd’hui nous enchante réellement », a-t-il déclaré. Pour lui, l’implantation de ce centre à Yorokoguiyah constitue une source de fierté pour les populations locales. « Dire que Dubréka abritera le plus grand centre pénitentiaire de la République, voire de l’Afrique de l’Ouest, est un honneur pour notre commune », a-t-il ajouté.

Au-delà de l’aspect infrastructurel, l’autorité communale insiste sur la dimension humaine du projet. « Détenir une personne, c’est aussi garantir des conditions d’accueil dignes. Ce que je vois ici est vraiment remarquable », a-t-il affirmé.

Interrogé sur l’apport de la commune à ce projet d’envergure, Aboubacar Soumah a mis en avant des actions de sensibilisation, notamment en direction des riverains. « Nous allons engager des campagnes pour encourager la délocalisation des habitations situées à proximité immédiate du site, afin de renforcer la sécurité du centre. C’est une contribution collective au service de la commune et de l’intérêt général », a-t-il indiqué.

À travers ce projet structurant, les autorités guinéennes entendent non seulement moderniser l’administration pénitentiaire, mais aussi inscrire la politique carcérale dans une approche plus humaine, axée sur la sécurité, la dignité et la réinsertion sociale des détenus.