Dubréka,  le 25 mars 2026, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a effectué une visite de terrain sur le chantier du futur centre pénitentiaire de Yorokoguiyah, dans la préfecture de Dubréka. Cette mission s’inscrit dans le cadre du suivi des infrastructures judiciaires en cours de réalisation à l’intérieur du pays.

Au terme de la visite, le ministre n’a pas caché sa satisfaction face à l’ampleur et à la modernité du projet.

« Je dirais que là, c’est plus qu’une prison. Ce que je viens de visiter est un centre pénitentiaire moderne destiné à accueillir les futurs pensionnaires dans des conditions dignes », a-t-il déclaré, soulignant que l’infrastructure contribuera significativement au désengorgement des établissements carcéraux, notamment ceux de Conakry.

D’une capacité annoncée de 3 000 détenus, le centre comprendra plusieurs commodités modernes, dont des bâtiments en R+3, des infirmeries, des aires de jeux et des salles de formation. Pour le ministre, cette approche traduit une évolution notable de la politique pénale et carcérale du pays, intégrant pleinement la dimension de réinsertion sociale.

« Des quartiers distincts sont prévus pour les mineurs, les femmes et les adultes. C’est un véritable centre pénitentiaire orienté vers la réinsertion, conformément à nos ambitions », a-t-il ajouté.

Le Garde des Sceaux a également évoqué la dynamique nationale en matière d’infrastructures pénitentiaires, citant notamment les travaux en cours à Fria. Il s’est par ailleurs réjoui de l’état d’avancement du chantier de Yorokoguiyah, estimé à 18 %, avec un délai contractuel de 24 mois jugé tenable. « L’entreprise travaille bien. Je l’encourage à maintenir cette cadence », a-t-il insisté.

De son côté, l’entrepreneur en charge des travaux, Keïta Abdoulaye, a apporté des précisions techniques sur le projet. Édifié sur une superficie de 6 hectares (60 000 m²), le complexe est structuré autour de trois pôles principaux : l’incarcération, la réinsertion et la vie et soutien.

Le pôle incarcération comprend quatre blocs de détention de type R+3, totalisant 432 cellules, dotés de miradors culminant à R+5 pour assurer une surveillance optimale. Le pôle réinsertion prévoit des centres de formation, des ateliers et des laboratoires, tandis que le pôle vie et soutien intègre une cuisine, une infirmerie ainsi que des lieux de culte, notamment une mosquée et une église.

Selon le responsable du chantier, le gros œuvre est réalisé à près de 50 %, et la livraison est prévue pour janvier 2027. Pour respecter ce calendrier, les travaux passeront prochainement à un rythme continu, avec l’introduction d’équipes de nuit.

Présent lors de cette visite, le président de la délégation spéciale de la commune de Dubréka, Aboubacar Soumah, a exprimé la fierté des populations locales face à ce projet d’envergure.

« Voir Yorokoguiyah abriter l’un des plus grands centres pénitentiaires du pays, voire de l’Afrique de l’Ouest, est une source de fierté pour nous », a-t-il affirmé.

Il a également insisté sur la nécessité d’assurer la sécurité du site, annonçant des actions de sensibilisation en vue de la délocalisation des habitations situées à proximité du centre.

À travers ce projet structurant, les autorités entendent non seulement améliorer les conditions de détention, mais aussi renforcer l’efficacité du système pénitentiaire guinéen, en mettant un accent particulier sur la dignité humaine et la réinsertion sociale des détenus.

Par Ousmane Bony Sylla pour leperroquetguinee.com