Abuja, Nigéria, 9 mai 2026 – Le Centre Régional de Surveillance et de Contrôle des Maladies (CRSCM) de la CEDEAO a annoncé avoir été informé d’un foyer de cas graves de maladie à hantavirus détecté à bord d’un navire de croisière battant pavillon néerlandais, au large du Cap-Vert.
Selon les autorités sanitaires régionales, l’alerte a été donnée le 2 mai 2026 par l’Institut National de Santé Publique (INSP) du Cap-Vert. Le navire transportait 147 personnes de 23 nationalités différentes. Aucun ressortissant des pays membres de la CEDEAO ne figurait parmi les passagers ou l’équipage concernés.
Les premiers cas présentaient de sévères symptômes respiratoires. À la date du signalement, deux décès avaient déjà été enregistrés, tandis qu’un troisième patient avait été évacué vers l’Afrique du Sud dans un état critique. Les analyses PCR effectuées le 3 mai ont confirmé une infection au hantavirus chez ce patient.
Huit cas recensés, trois décès confirmés
Au 8 mai 2026, les autorités sanitaires avaient recensé huit cas, dont six confirmés et deux probables. Trois décès ont été enregistrés, représentant un taux de létalité de 37,5 %.
Les six cas confirmés ont été identifiés comme étant liés au virus Andes (ANDV), une souche particulièrement virulente du hantavirus principalement présente en Amérique du Sud. Les patients encore en vie sont actuellement pris en charge dans plusieurs pays, notamment en Afrique du Sud, aux Pays-Bas et en Suisse.
Les confirmations biologiques ont été réalisées par l’Institut national des maladies transmissibles d’Afrique du Sud (NICD), puis validées par l’Institut Pasteur de Dakar. Des investigations complémentaires, notamment des analyses sérologiques et génomiques, sont toujours en cours.
Une maladie rare mais potentiellement mortelle
Les orthohantavirus sont des virus transmis principalement par des rongeurs infectés. La contamination humaine survient généralement par inhalation de particules contaminées provenant de l’urine, des excréments ou de la salive des rongeurs.
Le virus Andes est connu pour provoquer le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH), une forme grave caractérisée par une forte fièvre, des douleurs musculaires, des troubles digestifs, puis une détresse respiratoire aiguë pouvant rapidement engager le pronostic vital.
Les autorités sanitaires rappellent qu’aucun vaccin ni traitement spécifique homologué n’existe actuellement contre cette infection. Toutefois, une prise en charge précoce en soins intensifs peut améliorer significativement les chances de survie.
Bien que rare, une transmission interhumaine limitée du virus Andes a déjà été observée dans certaines situations impliquant des contacts étroits et prolongés.
Risque faible pour l’espace CEDEAO
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère actuellement le risque lié à cet événement comme modéré pour les passagers et membres d’équipage du navire, mais faible à l’échelle mondiale.
Le 6 mai, le navire a quitté les eaux du Cap-Vert en direction des îles Canaries, en Espagne, où le débarquement des passagers est prévu.
En raison de l’absence de ressortissants de la CEDEAO à bord et de l’absence de transfert de cas suspects vers les États membres, le risque de propagation dans l’espace communautaire ouest-africain est jugé faible.
La CEDEAO appelle au renforcement de la vigilance sanitaire
Face à cette situation, le CRSCM exhorte les États membres de la CEDEAO à renforcer leurs dispositifs de prévention et de surveillance sanitaire.
Parmi les mesures recommandées figurent :
le renforcement de la formation du personnel de santé sur la détection et la prise en charge des infections à hantavirus ;
l’intensification de la surveillance épidémiologique, notamment aux frontières et points d’entrée ;
l’amélioration des capacités de diagnostic des laboratoires ;
ainsi qu’une meilleure communication des risques auprès des populations.
Le Centre Régional de Surveillance et de Contrôle des Maladies a assuré qu’il poursuivra un suivi étroit de l’évolution de la situation épidémiologique et diffusera régulièrement des mises à jour aux États membres et au public.
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