La première Conférence nationale des procureurs de la République de Guinée, organisée par le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme à travers la Direction nationale des Affaires criminelles et des Grâces (DNACG), a franchi le cap de sa deuxième journée. Placées sous l’autorité du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, et conduites par le Directeur national des Affaires criminelles et des Grâces, Amadou Oury Diallo, les assises se poursuivent autour des questions majeures liées au fonctionnement du ministère public et à l’application harmonisée de la politique pénale sur l’ensemble du territoire national.
Au cours de ces deux premières journées, les procureurs, procureurs généraux et autres responsables judiciaires ont examiné les fondements juridiques et institutionnels de la politique pénale nationale. Les échanges ont permis de rappeler le rôle stratégique du Garde des Sceaux dans la définition et l’orientation de cette politique, ainsi que les missions de la DNACG dans sa mise en œuvre, son suivi et son évaluation.
Les participants ont également consacré une large place aux priorités de la politique pénale nationale. Les discussions ont porté sur le renforcement de la lutte contre la corruption et les infractions assimilées, avec la contribution de plusieurs responsables judiciaire du pays. Les travaux ont aussi abordé la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, la criminalité transnationale organisée, les violences basées sur le genre, la protection des enfants et des personnes vulnérables, la cybercriminalité, les infractions portant atteinte à l’intégrité des personnes ainsi que la gestion des dossiers criminels.
Chaque communication a été suivie de débats interactifs, permettant aux magistrats d’échanger sur les difficultés rencontrées sur le terrain et de proposer des solutions visant à améliorer l’efficacité de l’action publique.
La deuxième journée a également été marquée par un important panel consacré à la gestion de l’action publique et à l’administration des parquets, animé par le Procureur général près la Cour d’appel de Conakry. Les échanges ont porté sur les principes de loyauté, de solidarité et d’indivisibilité du ministère public, la discipline, l’assiduité et le rendement des magistrats, la qualité des réquisitions et des poursuites ainsi que la maîtrise des délais de procédure.
Les participants ont, en outre, réfléchi au rôle du parquet dans la protection de l’ordre public et des valeurs républicaines, à ses relations avec les parquets généraux et les parquets d’instance, à ses attributions durant l’instruction préparatoire, au suivi des affaires civiles et au renforcement de la coopération avec le Barreau, les autorités administratives, les leaders communautaires et les différents ordres professionnels.
À travers cette conférence inédite, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme entend renforcer les capacités des magistrats du parquet, harmoniser les pratiques judiciaires et consolider une politique pénale cohérente, efficace et respectueuse des droits de l’homme. Les travaux se poursuivent avec pour ambition de formuler des recommandations destinées à améliorer durablement le fonctionnement du ministère public en Guinée.

Par, Ousmane Bony Sylla