Lancés il y a un an et deux mois, les travaux de reconstruction de la mosquée centrale de Belle-Vue, l’une des plus vieilles mosquées de la capitale guinéenne et la plus ancienne de la commune de Dixinn, sont aujourd’hui à l’arrêt faute de moyens financiers. Ce vendredi 7 août 2026, jour de la grande prière des musulmans, notre équipe s’est rendue sur les lieux où l’imam ratib, Elhadj Fodé Mamadouba Camara, accompagné de plusieurs jeunes du quartier, s’activait à évacuer les eaux de pluie ayant envahi l’édifice, privé de toiture en cette saison hivernale.
Face à cette situation, les responsables de la mosquée lancent un appel aux autorités ainsi qu’à toutes les personnes de bonne volonté afin de contribuer à l’achèvement de ce chantier. Les dons peuvent être effectués en contactant un responsable religieux de la mosquée au 621 21 10 73.
Pour l’imam ratib, Elhadj Fodé Mamadouba Camara, la priorité est aujourd’hui de couler la première dalle afin de permettre aux fidèles de prier à l’intérieur de la mosquée à l’abri des intempéries.
« En priorité pour l’instant, nous avons besoin de mettre la première dalle afin de permettre au moins aux fidèles de prier à l’intérieur de la mosquée et de se mettre à l’abri de toute intempérie. Si nous trouvons une personne de bonne volonté qui pourra nous aider à mettre cette dalle, ou mieux encore à achever la construction de cette mosquée, ce sera notre plus grand bonheur. Nous invitons tous les musulmans de Guinée et d’ailleurs à nous venir en aide. C’est notre plus grande préoccupation. Tout à l’heure, vous nous avez trouvés, les jeunes et moi, en train d’évacuer les eaux stagnantes à l’intérieur de la mosquée. C’est ce que nous faisons presque tous les jours, notamment les vendredis lors de la grande prière », a déclaré le religieux.
Au-delà des cinq prières quotidiennes, cette mosquée accueille également les grandes prières des fêtes musulmanes, notamment celles de Ramadan et de Tabaski.
Président de l’association Attaya Base, initiatrice du projet de reconstruction, Sékou Sané explique que le chantier est totalement paralysé par le manque de financement.
« Les travaux sont à l’arrêt par manque de moyens. Cela fait aujourd’hui un an et deux mois, jour pour jour, depuis leur lancement. Nous lançons un appel pressant aux hommes et aux femmes de bonne volonté, qu’ils soient de Belle-Vue, de Conakry, de toute la Guinée ou de l’étranger, afin qu’ils nous assistent pour achever cette mosquée. »
Selon lui, l’association a financé les premiers travaux grâce aux cotisations de ses membres avant de solliciter la population du quartier.
« Nous avons distribué des enveloppes dans toutes les concessions de Belle-Vue en demandant à chaque famille de contribuer au minimum à hauteur d’un million de francs guinéens. Malheureusement, seules une dizaine à une quinzaine de familles ont pu respecter cette recommandation. Beaucoup ont donné 20 000, 30 000, 50 000, 200 000 francs, parfois un million, mais cela est resté insuffisant pour poursuivre les travaux. »
Sékou Sané précise que le coût global du projet est désormais estimé à près de 1,3 milliard de francs guinéens.
« D’après le chef de chantier, le coût est estimé aujourd’hui à environ 1 milliard 300 millions de francs guinéens. Pour réaliser uniquement la première dalle, il nous faut 450 millions. Malheureusement, notre caisse ne contient que cinq millions de francs. Il est impossible d’engager de tels travaux avec cette somme. Sans soutien, il sera très difficile de poursuivre le chantier. »
À quelques minutes de la grande prière du vendredi, les responsables s’inquiètent des conséquences de cette situation.
« Regardez, il pleut et dans quelques minutes la grande prière va commencer. Peut-on prier sous la pluie ? Ce sera très difficile si personne ne nous vient en aide. »
Derrière la mosquée se trouve une école primaire franco-arabe de six classes, également impactée par l’état du chantier.
« Cette école existe depuis des années. Elle a formé de nombreux élèves, dont certains sont aujourd’hui imams ou prédicateurs. Elle joue un rôle essentiel dans l’éducation religieuse et la formation des futures générations. C’est pourquoi nous sollicitons également un appui pour cette école. »
Le président de l’association rappelle enfin que la mosquée de Belle-Vue est l’une des plus anciennes de la capitale et la plus vieille de la commune de Dixinn.
« Plusieurs nouvelles mosquées ont été construites dans le quartier, mais celle-ci est restée en souffrance. C’est pourtant la plus grande, avec une capacité d’environ 2 000 fidèles. En tant que fils du quartier, nous avons voulu laisser une empreinte en lançant sa reconstruction. »
Même constat du côté de Hadja Yebhé Baldé, qui regrette l’absence de soutien depuis le lancement du projet.
« Depuis que nous avons entamé les travaux, nous n’avons bénéficié d’aucune aide. Nous nous débrouillons uniquement avec les aumônes données par les fidèles à la mosquée, mais cela est largement insuffisant au regard des besoins. Nous avons véritablement besoin d’un appui financier. »
À l’arrêt depuis plus d’un an, la reconstruction de la mosquée centrale de Belle-Vue est aujourd’hui confrontée à un sérieux déficit de financement. Entre les difficultés rencontrées pour accueillir les fidèles dans des conditions décentes, la nécessité de préserver une infrastructure religieuse historique et l’importance de l’école franco-arabe attenante, les responsables multiplient les appels à la solidarité. Ils espèrent que les autorités, les fidèles et les personnes de bonne volonté, en Guinée comme à l’étranger, répondront favorablement à leur requête afin de permettre la reprise des travaux et l’achèvement de ce chantier d’intérêt communautaire
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