Le respect de la dignité humaine, la protection des personnes privées de liberté et l’accès équitable à la justice constituent des préoccupations majeures au cœur de la mission du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, à Mandiana.

Dans le cadre de sa tournée d’évaluation du fonctionnement des juridictions à l’intérieur du pays, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a effectué, ce jeudi, une visite dans la préfecture de Mandiana. Au-delà des questions liées au fonctionnement de l’appareil judiciaire, cette étape a été marquée par une attention particulière portée au respect des droits fondamentaux des citoyens et des personnes privées de liberté.

Agissant sur les instructions du président de la République, Mamadi Doumbouya, le ministre entend s’assurer que les principes de dignité humaine, d’équité et de respect des procédures légales sont effectivement pris en compte dans les pratiques quotidiennes des services judiciaires et des unités chargées de la garde des personnes interpellées.

Les personnes privées de liberté au cœur des préoccupations

La visite de la compagnie de gendarmerie territoriale et du commissariat central de police a constitué l’un des temps forts de cette mission. En se rendant dans ces locaux de détention provisoire, Ibrahima Sory II Tounkara a voulu s’enquérir des conditions dans lesquelles les personnes gardées sont prises en charge.

En l’absence d’un établissement pénitentiaire à Mandiana, le ministre a insisté sur la nécessité de garantir le respect des procédures légales, d’assurer un traitement diligent des dossiers et d’éviter toute prolongation injustifiée de la privation de liberté.

Cette démarche rappelle une exigence fondamentale de l’État de droit : toute personne privée de liberté doit bénéficier d’un traitement conforme à la loi et respectueux de sa dignité. La détention ne saurait justifier des atteintes aux droits fondamentaux, quelles que soient les circonstances de l’interpellation.

Le ministre a ainsi instruit les responsables de la police et de la gendarmerie de veiller scrupuleusement au respect des règles encadrant les mesures de garde et les procédures judiciaires.

L’accès à la justice, une exigence d’égalité entre les citoyens

Au Tribunal de première instance de Mandiana, les échanges avec les magistrats et les personnels judiciaires ont également permis de mettre en lumière les obstacles susceptibles de limiter l’accès des populations à leurs droits.

Pour Ibrahima Sory II Tounkara, la justice doit être accessible à tous, sans discrimination, et fonctionner dans des conditions qui inspirent confiance aux citoyens. L’accueil des usagers, leur orientation et la diligence dans le traitement des affaires constituent, à cet égard, des éléments essentiels de la protection des droits humains.

Le ministre a notamment insisté sur la nécessité de réduire les retards injustifiés dans le traitement des dossiers, particulièrement dans les procédures de flagrance et les affaires correctionnelles, tout en respectant les garanties prévues par la loi.

La célérité judiciaire ne doit pas seulement être comprise comme une exigence administrative. Elle participe également à la protection des droits des justiciables, notamment ceux des personnes en attente de jugement, pour lesquelles des délais excessifs peuvent avoir des conséquences importantes sur la liberté individuelle et la vie familiale.

Les frais de justice et la transparence au service des plus vulnérables

Autre préoccupation soulevée lors de cette visite : le coût des démarches judiciaires. Le Garde des Sceaux a dénoncé les frais de transport judiciaire excessifs ou les déplacements non indispensables, appelant les magistrats à veiller à ce que les dépenses engagées soient justifiées et proportionnées.

Cette orientation revêt une dimension importante en matière de droits humains. Lorsque les frais liés aux procédures deviennent trop élevés, les citoyens disposant de ressources limitées risquent de rencontrer des difficultés pour faire valoir leurs droits.

Le ministre a également rappelé l’obligation de respecter les tarifs officiellement fixés pour les actes judiciaires, notamment les jugements supplétifs tenant lieu d’actes d’état civil et les certificats de nationalité. Il a demandé que ces tarifs soient affichés de manière visible afin de prévenir les paiements indus et de renforcer la transparence dans les services judiciaires.

L’objectif est clair : faire en sorte que les difficultés financières, les pratiques informelles ou le manque d’information ne deviennent pas des obstacles à l’accès au droit.

Le futur centre pénitentiaire, un enjeu de protection de la dignité humaine

La question des infrastructures pénitentiaires a également été abordée au cours de cette mission. Après avoir constaté que le site initialement prévu pour la construction du futur centre de détention ne répondait pas suffisamment aux besoins du projet, le ministre a demandé l’identification d’un nouvel emplacement plus adapté.

Au-delà de l’enjeu matériel, cette infrastructure pose la question des conditions de détention et de la prise en charge des personnes privées de liberté. Des installations adaptées sont indispensables pour favoriser une gestion conforme aux exigences légales et aux principes de dignité humaine.

La mise en place d’infrastructures appropriées doit ainsi accompagner les efforts visant à améliorer le fonctionnement de la chaîne pénale et à garantir une meilleure protection des droits des personnes concernées.

La dignité humaine, une responsabilité permanente de l’État

À travers cette étape de Mandiana, Ibrahima Sory II Tounkara place la protection des droits humains au cœur de l’évaluation du service public de la justice. Le respect de la liberté individuelle, la prévention des abus, la transparence des frais judiciaires et l’égalité des citoyens devant la justice apparaissent comme autant d’exigences auxquelles les acteurs judiciaires sont appelés à répondre.

Pour le département de la Justice et des Droits de l’Homme, l’enjeu est de traduire les principes fondamentaux en pratiques concrètes, au bénéfice de toutes les populations, y compris les plus vulnérables.

Dans cette perspective, le respect des droits humains constitue un chantier permanent de l’action publique. Il engage les services de police, de gendarmerie, les magistrats et l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire.

À Mandiana, le message porté par le ministre est sans équivoque : la protection de la dignité humaine et le respect des droits des justiciables doivent accompagner chaque étape de la procédure judiciaire. C’est à cette condition que la justice peut pleinement remplir sa mission de service public et contribuer à la consolidation de l’État de droit en Guinée.

 

Par, Ousmane Bony Sylla