En déplacement à Kankan dans le cadre de sa tournée nationale de suivi des services judiciaires et pénitentiaires, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a mis l’accent sur la protection des droits fondamentaux, le respect de la dignité des personnes détenues et l’égalité d’accès à la justice.
En prison, la privation de liberté ne supprime pas les droits fondamentaux
La visite de la Maison centrale de Kankan a constitué l’un des temps forts de cette étape. En se rendant dans cet établissement pénitentiaire, le ministre a porté une attention particulière aux conditions de détention et aux exigences liées au respect des droits des personnes privées de liberté.
Cette démarche traduit un principe fondamental : la privation de liberté ne saurait entraîner la perte de la dignité humaine ni justifier des traitements contraires aux droits fondamentaux. Les personnes détenues demeurent titulaires de droits qui doivent être protégés conformément aux lois en vigueur et aux engagements de la Guinée en matière de droits de l’Homme.
À travers cette inspection, le département de la Justice et des Droits de l’Homme entend renforcer la vigilance sur les conditions de prise en charge des détenus et la responsabilité des services pénitentiaires dans la prévention des atteintes à leur intégrité et à leur dignité.
Au-delà du contrôle administratif, cet exercice pose la question essentielle de l’humanisation de la détention, du respect des garanties reconnues aux personnes incarcérées et de la place des droits humains dans le fonctionnement quotidien des établissements pénitentiaires.
Accès à la justice : prévenir les abus et protéger les justiciables
La dimension des droits humains s’est également imposée lors des rencontres du ministre avec les magistrats et les officiers de police judiciaire au Tribunal de première instance et à la Cour d’appel de Kankan.
Les échanges ont notamment porté sur les difficultés de fonctionnement de la chaîne pénale, les lenteurs procédurales, les coûts supplémentaires injustifiés liés aux transports judiciaires et la présence d’intermédiaires non autorisés aux abords des juridictions.
Ces préoccupations soulèvent un enjeu majeur : celui de garantir à chaque citoyen un accès à la justice sans discrimination, sans frais abusifs et sans entraves injustifiées. Car le droit à la justice ne peut être pleinement effectif lorsque les usagers sont exposés à des pratiques opaques ou à des charges qui compliquent leurs démarches.
Pour y remédier, plusieurs mesures ont été préconisées, notamment l’affichage visible des tarifs officiels des actes administratifs et judiciaires, la lutte contre l’intermédiation illégale et la mise à disposition de guides méthodologiques destinés aux magistrats et aux officiers de police judiciaire.
L’objectif est de renforcer la transparence des procédures, de prévenir les abus, de sécuriser les pratiques professionnelles et de mieux protéger les citoyens dans leurs rapports avec les institutions judiciaires.
La dignité humaine, un repère essentiel de l’État de droit
En sa qualité de ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara inscrit cette tournée dans une dynamique de rapprochement entre l’administration judiciaire et les réalités du terrain. L’enjeu ne se limite pas à évaluer le fonctionnement des juridictions et des établissements pénitentiaires : il s’agit également de veiller à ce que les principes de respect des droits humains trouvent une traduction concrète dans les pratiques institutionnelles.
La protection des personnes détenues, la prévention des traitements abusifs, la transparence des procédures et l’égalité devant le service public de la justice sont autant d’exigences qui participent à la consolidation de l’État de droit.
Dans cette perspective, l’action des autorités judiciaires et pénitentiaires doit s’accompagner d’une vigilance permanente, afin que les droits fondamentaux ne demeurent pas de simples principes juridiques, mais constituent des garanties effectives pour toutes les personnes concernées.
Au terme de sa journée à Kankan, le ministre s’est rendu à la Grande Mosquée de la ville pour la prière du vendredi. Cette occasion a été marquée par des prières et des bénédictions en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la réussite des actions engagées au service de la nation.
Au nom du Chef de l’État, Mamadi Doumbouya, Président de la République et Président du Conseil supérieur de la magistrature, cette tournée s’inscrit dans la volonté affichée de renforcer les institutions judiciaires et pénitentiaires au service des citoyens.
À Kankan, le message central est clair : la qualité de la justice se mesure aussi à sa capacité à protéger les plus vulnérables, à préserver la dignité des personnes détenues et à garantir à chaque citoyen un accès équitable à ses droits.
Depuis Kankan, Ousmane Bony Sylla





