Le Premier ministre, chef du Gouvernement guinéen, Amadou Oury Bah, a présidé ce mercredi la cérémonie d’ouverture de la deuxième édition du Forum international des Secrétariats généraux du gouvernement (SGG). Placée sous le thème « L’intelligence artificielle au service de la performance gouvernementale », cette rencontre de haut niveau ambitionne de faire des nouvelles technologies un levier de modernisation de l’administration publique, de transparence et d’efficacité dans la conduite de l’action gouvernementale.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs responsables institutionnels, aux côtés du chef du Gouvernement. Elle réunit des experts et des décideurs autour des enjeux liés à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les mécanismes de fonctionnement de l’État.
Au cœur des échanges figurent notamment l’amélioration de la qualité des textes juridiques, la préparation des arbitrages gouvernementaux, la continuité administrative, la gestion documentaire et la préservation des archives. Autant de domaines dans lesquels l’intelligence artificielle pourrait contribuer à renforcer les capacités des administrations et à améliorer les services rendus aux citoyens.
L’intelligence artificielle au service de l’efficacité publique
Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre Amadou Oury Bah a mis en avant les possibilités offertes par l’intelligence artificielle pour faciliter le travail des administrations et améliorer la qualité des décisions publiques.
Selon le chef du Gouvernement, ces outils peuvent notamment accélérer la recherche dans les textes réglementaires et les archives, contribuer à détecter des incohérences juridiques, produire des synthèses documentaires et signaler les retards dans le traitement des dossiers.
Pour lui, l’intégration de ces technologies doit se traduire par des résultats concrets, mesurables à travers la réduction des délais de traitement, la fiabilité des informations produites et l’amélioration de la qualité du service public.
Amadou Oury Bah a également insisté sur la nécessité de mettre en place des indicateurs communs de performance afin de mesurer les progrès accomplis, d’identifier les solutions efficaces et de favoriser leur partage entre les différentes administrations.
Cette approche vise à renforcer la capacité de l’État à élaborer des textes de qualité, à disposer de données fiables et à assurer un meilleur suivi de l’exécution des décisions gouvernementales.
Les marchés publics au cœur des applications de l’IA
Illustrant son propos par des exemples concrets, le Premier ministre a évoqué la gestion des marchés publics, un secteur confronté à des défis importants en matière d’évaluation des coûts, de transparence et de maîtrise des dépenses.
Il a notamment cité l’application Télémo, déployée dans le cadre de la numérisation des marchés publics grâce à la coopération avec le Rwanda. Le Gouvernement entend également intégrer l’intelligence artificielle dans la gestion de la mercuriale des prix, en s’appuyant notamment sur les données de l’Institut national de la statistique et de l’Agence de gestion et de construction des infrastructures publiques (ACGP).
L’objectif est de mieux exploiter les données disponibles, de comparer les coûts sur des bases objectives et de détecter les écarts injustifiés dans la réalisation des infrastructures publiques.
Le chef du Gouvernement a ainsi souligné que les coûts de construction ne peuvent être évalués sans tenir compte des réalités propres à chaque pays, notamment les caractéristiques géologiques, la nature des sols et la disponibilité des ressources nécessaires aux travaux.
À travers cette démarche, les autorités guinéennes souhaitent disposer d’outils d’analyse capables de mieux prendre en compte les spécificités du territoire national, afin d’affiner l’estimation des coûts et d’améliorer la gestion des investissements publics.
Simandou 2040, une ambition qui s’appuie sur la transformation numérique
Cette orientation s’inscrit dans les perspectives du programme national de développement Simandou 2040, qui place les infrastructures et la transformation de l’économie parmi les enjeux majeurs du développement de la Guinée.
L’intégration des données géologiques et topographiques dans les outils numériques pourrait notamment contribuer à une meilleure estimation des coûts des routes et des autres infrastructures, en tenant compte des particularités locales, telles que la présence de latérite ou de granit et les conditions d’accès à l’eau.
Le Gouvernement entend ainsi faire de l’innovation technologique un instrument d’aide à la décision, de rationalisation des dépenses publiques et d’amélioration de la planification des projets.
Au-delà des applications techniques, cette deuxième édition du Forum international des Secrétariats généraux du gouvernement ouvre la réflexion sur les conditions d’une utilisation maîtrisée de l’intelligence artificielle dans l’administration. L’enjeu est de concilier innovation, fiabilité des données, qualité juridique et responsabilité administrative.
Pour la Guinée, l’ambition affichée est de faire évoluer les méthodes de travail de l’État afin de renforcer la performance des institutions et de rapprocher davantage l’action publique des besoins des citoyens.
Par, Ousmane Bony Sylla


