À 32 jours des élections régionales prévues le 29 novembre 2026, l’Observatoire national autonome de supervision du référendum et des élections (ONASUR-E) renforce les capacités de ses membres et de leurs assistants. Un atelier de formation consacré à la surveillance citoyenne et au contrôle de la régularité des opérations électorales s’est ouvert ce mercredi 28 octobre au siège de l’institution, à Conakry, sous la présidence de son président, docteur Sékou Koureissy Condé.
À l’approche des élections régionales et sénatoriales, l’ONASUR-E entend préparer ses équipes aux exigences d’un processus électoral inédit dans l’histoire institutionnelle de la Guinée. L’objectif est de garantir une supervision rigoureuse, impartiale et conforme aux dispositions légales, depuis l’ouverture des bureaux de vote jusqu’à la proclamation des résultats provisoires.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le président de l’institution, docteur Sékou Koureissy Condé, a insisté sur l’importance de ces deux consultations dans le renforcement de la démocratie et de l’État de droit.
« Les élections régionales constituent un soubassement essentiel de la démocratie et de l’État de droit à la base », a-t-il souligné, mettant en avant leur rôle dans le renforcement des pouvoirs locaux et la représentation des collectivités territoriales.
Pour lui, ces élections permettront de rapprocher davantage les mécanismes de décision des réalités quotidiennes des populations. Les besoins sanitaires, économiques, sociaux, artistiques et culturels des différentes localités devront ainsi trouver une meilleure expression à travers leurs représentants.
Le président de l’ONASUR-E a également souligné la nécessité de professionnaliser les superviseurs et les observateurs nationaux et internationaux afin de renforcer la crédibilité des opérations électorales. Il a rappelé que les élections régionales et sénatoriales présentent des particularités qui exigent une préparation adaptée, notamment en raison du recours au suffrage universel indirect.
Un cadre juridique spécifique à maîtriser
Intervenant sur les objectifs de la formation, Michel Jeannette Tolno, conseiller de l’ONASUR-E chargé de la formation, a rappelé que ces deux scrutins imposent une adaptation des méthodes de supervision.
« Le citoyen guinéen est bel et bien concerné par ces deux élections qui sont prévues le 29 novembre et le 20 décembre », a-t-il affirmé, répondant aux interrogations que pourrait susciter le caractère indirect de ces consultations.
Contrairement aux scrutins ouverts directement à l’ensemble des électeurs inscrits, les élections régionales reposent sur un collège électoral constitué des conseillers communaux de la région concernée. Pour les sénatoriales, le processus fait intervenir les conseillers communaux et les conseillers régionaux, conformément aux dispositions applicables.

Selon Michel Jeannette Tolno, cette particularité ne signifie nullement que les citoyens sont exclus du processus. Elle traduit plutôt le rôle confié aux élus locaux dans la mise en place des institutions représentatives. Les citoyens demeurent concernés par les programmes des candidats, les enjeux de la campagne et la responsabilité de leurs représentants.
Le conseiller a également insisté sur la nécessité de rendre accessibles aux membres de l’ONASUR-E les textes qui encadrent les opérations électorales, notamment la Constitution et la loi organique L/2025/026/CNT du 27 septembre 2025 portant Code électoral.
Des simulations pour prévenir les irrégularités
La formation s’articule autour de plusieurs modules consacrés au cadre juridique, aux mécanismes de supervision, au fonctionnement des bureaux de vote et aux procédures de centralisation des résultats.
Des simulations pratiques et des études de cas doivent permettre aux participants de mieux appréhender les différentes étapes du scrutin, de vérifier les documents requis, d’identifier les électeurs légalement habilités à voter et de contrôler la régularité des opérations de dépouillement.
Les participants seront également outillés pour détecter, documenter et signaler les éventuelles irrégularités, sans se substituer à la Direction générale des élections (DGE) ni à ses démembrements.
Pour l’ONASUR-E, il s’agit de garantir une observation électorale fondée sur la maîtrise des textes, le respect des procédures et l’impartialité des superviseurs.
Deux rendez-vous électoraux majeurs pour la Guinée
Les élections régionales sont annoncées pour le 29 novembre 2026, tandis que le scrutin sénatorial portant sur les deux tiers des sièges est prévu le 20 décembre 2026. Les deux échéances ont été fixées par décret le 12 octobre 2026.
Ces consultations constituent une étape importante dans l’approfondissement de la décentralisation et la mise en place des institutions représentatives prévues par l’architecture institutionnelle du pays.
À travers cette session de renforcement des capacités, l’ONASUR-E entend donc anticiper les défis liés à ces scrutins et préparer ses équipes à exercer leur mission avec compétence, rigueur juridique et professionnalisme. Un enjeu essentiel pour contribuer à la transparence des opérations électorales et à la confiance des citoyens dans les institutions républicaines.
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