Le Palais du 28 septembre a abrité un évènement majeur dans le domaine juridique guinéen : la présentation officielle de la Médiation en Droit des Affaires, à l’initiative du Réseau des Médiateurs Professionnels d’Afrique (REMPA) et de l’Association des Médiateurs Professionnels de Guinée (AMPG), en collaboration avec le Centre de Formation Judiciaire (CFJ). Organisée en présence de hauts magistrats, de représentants des ordres professionnels et de personnalités du secteur judiciaire et économique, cette rencontre visait à poser les jalons d’une professionnalisation accrue de la médiation dans les litiges commerciaux en Guinée.

La cérémonie a été marquée par une table ronde autour d’un thème central : « Devenir médiateur professionnel OHADA et international ».

Me Mohamed Mouctar Sylla, représentant de l’AMPG, a rappelé que la médiation, loin d’être étrangère aux sociétés africaines, est enracinée dans les traditions locales
« La médiation n’est pas un concept nouveau en Afrique, à plus forte raison en Guinée. La quasi-totalité des conflits étaient résolus sous l’arbre à palabre ou confié à un sage reconnu pour son honneur et sa place dans la société. Dans un monde en perpétuelle évolution, les investisseurs et acteurs de la vie socio-économique vivent dans de constants bouleversements en vue de sécurité le climat des affaires et renforcer les mécanismes favorisant la célérité dans le règlement des conflits. Toutefois, il apparait aisément que la rupture des relations d’affaires n’arrange pas. Quant aux solutions, elles permettent de faire avancer les affaires. C’est pourquoi, de plus en plus, les bailleurs de fonds et des opérateurs économiques se tournent vers un tiers de confiance capable de leur faciliter des ententes consenties par le biais de concessions ou de transactions. De ce qui précède, vous constatez que certainement que cette touche particulière guinéenne est très proche de la médiation.», a-t-il déclaré. Il a souligné que la modernisation de cette pratique, en l’intégrant dans un cadre institutionnel et professionnel, représente une continuité plus qu’une rupture. Pour lui, la Guinée peut incarner une approche singulière, empreinte d’humanisme, d’honneur et d’impartialité, valeurs essentielles à la médiation.

De son côté, Dre Bintou Boli Djibo, présidente du REMPA, a insisté sur la nécessité de structurer le métier de médiateur
« La professionnalisation du métier ne se limite pas à la formation, elle exige aussi des normes éthiques claires, la reconnaissance sociale et la coopération entre les institutions. » Elle a lancé un appel à l’unité et à la collaboration entre praticiens et acteurs institutionnels, soulignant que la médiation est un instrument de paix, d’écoute, de consensus et de développement.
« Aujourd’hui, nous vous invitons à réfléchir à la manière dont nous pouvons, ensemble, renforcer notre réseau et nos compétences. La collaboration entre les médiateurs, les institutions et la société civile est essentielle pour faire évoluer notre métier et garantir que chaque conflit soit abordé avec professionnalisme et humanité. Nous avons la chance d’être réunis en tant que communauté de praticiens du droit, d’échanger nos expériences, d’apprendre les uns des autres et de bâtir des ponts. C’est donc en unissant nos forces, en partageant nos connaissances et en soutenant les initiatives locales que nous pourrons véritablement faire avancer la médiation en Afrique. » A-t-elle soutenue
Alhassane Naby Camara, Directeur Général du CFJ et représentant du ministre de la Justice, a salué l’initiative, la qualifiant d’alignée avec les réformes portées par le ministère pour moderniser la justice guinéenne. Il a affirmé que :

« Partant de ce postulat, la médiation en droit des affaires ne doit pas être perçue comme une alternative secondaire ou accessoire à la justice institutionnelle, mais comme un véritable instrument de développement économique et social. Elle contribue à améliorer le climat des affaires, à attirer les investisseurs et à asseoir la crédibilité de notre système judiciaire. C’est pourquoi, au nom du Garde des sceaux, ministre de la justice et des droits de l’homme, Monsieur Yaya Kairaba KABA en mission d’Etat, lancer un appel solennel de faire de la médiation un réflexe, une pratique naturelle dans le règlement des litiges commerciaux. Ce pari exige l’engagement de tous magistrats, avocats, huissiers, chefs d’entreprise, chambres de commerce, partenaires au développement etc. » a mentionné le représentant du Garde des Sceaux.
À travers cette rencontre, la Guinée s’engage résolument dans la voie d’une justice commerciale plus accessible, rapide et humaine. En revalorisant la médiation et en structurant la profession de médiateur selon les standards internationaux, le pays ambitionne d’offrir un cadre propice à l’investissement, à la stabilité et à la cohésion sociale. La médiation apparaît ainsi non seulement comme un outil juridique, mais aussi comme un levier stratégique pour un développement durable et apaisé.
La rédaction


