Coyah, 2 avril 2026 – À quelques semaines des élections législatives et communales prévues le 24 mai prochain, les acteurs du système judiciaire guinéen sont en ordre de bataille. Un atelier de formation des formateurs sur la gestion des contentieux électoraux s’est ouvert ce jeudi à Coyah, réunissant magistrats, greffiers, personnels techniques et administratifs autour d’un objectif commun : garantir une justice électorale crédible, efficace et impartiale.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, en présence de plusieurs hautes autorités judiciaires, dont le Premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, ainsi que les responsables administratifs de la préfecture de Coyah.

Une étape décisive pour l’État de droit

Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Justice a souligné l’importance capitale de cette initiative dans le contexte électoral actuel. Il a rappelé que les élections à venir constituent une étape déterminante dans le processus de consolidation de l’État de droit, après la présidentielle du 28 décembre 2025 ayant consacré Mamadi Doumbouya.

Selon lui, la justice joue un rôle central dans la régulation des différends électoraux. « La qualité de la gestion du contentieux électoral conditionne la crédibilité des scrutins et la stabilité institutionnelle », a-t-il insisté, appelant les magistrats à faire preuve de rigueur, de neutralité et de professionnalisme.

Le Garde des Sceaux a, par ailleurs, mis en avant quatre priorités majeures devant guider les travaux : la maîtrise du cadre juridique électoral, l’harmonisation des pratiques juridictionnelles, le renforcement des capacités opérationnelles des juridictions et le respect strict des principes d’impartialité et de transparence.

Vers une harmonisation des pratiques judiciaires

Prenant la parole à son tour, le Premier président de la Cour suprême a insisté sur les enjeux stratégiques liés à la gestion des contentieux électoraux. Fodé Bangoura a notamment évoqué la nécessité d’assurer l’unité de la jurisprudence, la célérité dans le traitement des recours et la transparence des décisions judiciaires.

« Les élections ne sont pas seulement une compétition politique, elles constituent un test de crédibilité pour l’État de droit », a-t-il déclaré, appelant à une justice indépendante, accessible et perçue comme un arbitre fiable par les citoyens.

Il a également souligné le caractère structurant de cet atelier, conçu pour créer un noyau de formateurs capables de diffuser des standards homogènes de traitement des litiges électoraux à travers tout le territoire national.

Une mobilisation locale saluée

Au nom des autorités locales, le préfet de Coyah, Bernard Kamano, s’est réjoui du choix porté sur sa juridiction pour abriter cette rencontre d’envergure. Il a salué une initiative qui traduit la volonté des autorités guinéennes d’organiser des élections « libres, transparentes et crédibles ».

Il a également insisté sur l’importance de renforcer les capacités des magistrats en matière de contentieux électoral, considérant cette démarche comme un levier essentiel pour consolider la confiance des citoyens dans les institutions.

Un dispositif inclusif pour une justice performante

L’atelier se distingue par son approche inclusive, associant l’ensemble des composantes de la chaîne judiciaire, des magistrats aux informaticiens, en passant par les greffiers et les responsables financiers. Cette synergie vise à améliorer la performance globale du système judiciaire, notamment à travers une meilleure organisation, l’usage accru des outils numériques et une gestion optimisée des ressources.

Au terme des trois jours de travaux, les participants sont appelés à produire des outils pratiques, des référentiels clairs et des mécanismes de coordination efficaces, en vue d’une gestion optimale des contentieux liés aux élections.

En ouvrant officiellement les travaux, le ministre de la Justice a rappelé la responsabilité historique qui incombe aux acteurs judiciaires dans ce processus : celle de garantir la paix sociale, la stabilité politique et la confiance des citoyens dans la justice, à l’approche d’un scrutin décisif pour l’avenir institutionnel de la Guinée.

Par, Ousmane Bony Sylla