Dans la perspective des élections législatives et locales prévues le 24 mai 2026, un atelier stratégique de formation des formateurs sur la gestion des contentieux électoraux se tient en République de Guinée. Cette initiative conjointe de la Cour suprême, du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme et de la Direction Générale des Élections (DGE) vise à renforcer les capacités des acteurs judiciaires appelés à intervenir tout au long du processus électoral.

Intervenant à cette occasion, la Directrice générale des élections, Mme Camara Djenabou Touré, a souligné l’importance capitale de cette activité dans le dispositif global d’organisation des scrutins. Selon elle, cette formation s’inscrit dans une logique de prévention et d’anticipation des litiges électoraux.

« C’est une activité qui est organisée par trois grandes institutions […] dans le cadre de la formation des formateurs. Parce que nous allons déployer ces formateurs pour former les magistrats sur la gestion des contentieux liés d’abord aux listes de candidatures, ensuite à la campagne et aux résultats », a-t-elle expliqué.

L’objectif est clair : doter les magistrats des compétences nécessaires pour traiter efficacement les différents types de contentieux, depuis l’examen des candidatures jusqu’à la proclamation des résultats, en passant par les litiges liés à la campagne électorale.

Mme Touré a insisté sur l’enjeu de crédibilité qui entoure ces élections de proximité. Elle a rappelé que des magistrats bien formés constituent un gage de transparence et de sérénité du processus électoral. « Il est très important pour nous que les magistrats qui vont recevoir ces contentieux soient formés et outillés pour que nous puissions rapidement sortir de ces élections sans incident », a-t-elle indiqué, en référence aux expériences passées.

Au-delà de la formation initiale, la DGE mise également sur un effet de démultiplication. Les formateurs seront déployés dans les chefs-lieux des régions administratives afin de relayer les acquis auprès de leurs collègues dans les juridictions de première instance et les justices de paix.

Dans ce cadre, la Directrice générale a lancé un appel à l’engagement et au sérieux des participants : « Mon message est de suivre très bien la formation et aussi, lors de la démultiplication, de faire en sorte que les connaissances acquises soient fidèlement restituées […] afin qu’il y ait de la célérité, de la dextérité et du sérieux dans le traitement des contentieux. »

Elle a également rappelé le rôle central de la justice dans le processus électoral, notamment à travers la proclamation des résultats provisoires des élections communales par les présidents des commissions administratives de proclamation (CIAP), ainsi que le traitement des différents recours.

À quelques semaines du scrutin, cette initiative apparaît ainsi comme un levier essentiel pour consolider la confiance des citoyens et des acteurs politiques dans les institutions électorales, en garantissant un traitement rigoureux, impartial et rapide des contentieux.

Par, Ousmane Bony Sylla