Conakry a servi de cadre, ce mercredi 08 avril 2026 au lancement officiel du programme de vulgarisation du Code de l’enfant en République de Guinée. À cette occasion, le Procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Falou Doumbouya, a prononcé un discours solennel, appelant à une mobilisation collective pour une meilleure protection des droits des enfants.
Devant plusieurs membres du gouvernement, dont le Garde des Sceaux, les ministres en charge de la sécurité, de la promotion féminine et des représentants d’institutions nationales et internationales, le magistrat a souligné l’importance de cette initiative dans un contexte marqué par des défis croissants en matière de protection de l’enfance.
Selon lui, la vulgarisation du Code de l’enfant va bien au-delà d’une simple communication institutionnelle. Elle vise à rendre la loi accessible et compréhensible pour tous, conformément au principe selon lequel nul n’est censé ignorer la loi. Dans une capitale comme Conakry, confrontée à des mutations sociales rapides et à diverses vulnérabilités, cette démarche apparaît comme un impératif.
Le Code de l’enfant, a-t-il rappelé, repose sur des principes fondamentaux, notamment l’intérêt supérieur de l’enfant, la protection contre toutes formes de violences et la mise en place d’une justice adaptée aux mineurs. Sa vulgarisation doit permettre de transformer les règles juridiques en pratiques sociales quotidiennes.
Le Procureur général a également insisté sur le rôle central de la famille, première structure de protection de l’enfant. Il a exhorté les parents à assumer pleinement leur responsabilité éducative, en inculquant les valeurs sociales, le respect de la loi et en assurant un encadrement rigoureux de leurs enfants. « La justice ne peut se substituer durablement à la famille », a-t-il martelé, soulignant que les défaillances éducatives constituent l’une des causes majeures de la délinquance juvénile.
Par ailleurs, Falou Doumbouya a plaidé pour une approche multisectorielle impliquant les autorités judiciaires, les forces de défense et de sécurité, les services sociaux, les écoles, les collectivités locales ainsi que la société civile. Cette synergie, fondée sur la concertation, la mutualisation des actions et la prévention, est essentielle pour faire face aux défis liés à la protection de l’enfance.
Sur le plan judiciaire, le ministère public a réaffirmé son engagement à lutter sans complaisance contre toutes les atteintes aux droits des enfants. Il promet une répression rigoureuse des infractions, une protection accrue des mineurs en danger et le respect strict des garanties procédurales.
Enfin, le Procureur général a appelé à un renforcement des moyens, notamment à travers la modernisation des infrastructures judiciaires, la formation des acteurs et la création de centres de rééducation adaptés. Il a insisté sur le fait que la justice des mineurs doit être avant tout éducative, protectrice et orientée vers la réinsertion.
Clôturant son intervention, il a rappelé que « protéger l’enfant, c’est protéger la Nation », lançant ainsi un appel à la responsabilité collective pour bâtir une société respectueuse des droits de l’enfant et des principes de l’État de droit en Guinea.
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