Conakry, 14 avril 2026 – Le Centre de formation judiciaire a servi de cadre, ce mardi, au lancement officiel d’une session de formation de haut niveau consacrée aux crimes internationaux et aux violences sexuelles liées aux conflits. Cette initiative, organisée en partenariat avec la Cour pénale internationale (CPI) et les agences des Nations Unies, réunit magistrats et acteurs judiciaires guinéens autour d’un objectif commun : renforcer les capacités nationales en matière de lutte contre l’impunité.

Dans son discours de bienvenue, le Directeur général du Centre de formation judiciaire, Alhassane Naby Camara, a salué la présence des autorités judiciaires, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des experts internationaux. Il a rappelé que cette formation s’inscrit dans la dynamique de modernisation du système judiciaire guinéen et dans la consolidation de l’État de droit.
« Cette session revêt un caractère à la fois stratégique et historique. Elle porte sur des problématiques d’une extrême gravité : les crimes internationaux et les violences sexuelles, qui constituent les atteintes les plus graves à la dignité humaine », a-t-il souligné.
Le Directeur général a également mis en avant l’importance de cette initiative dans le contexte des procédures judiciaires liées aux événements du 28 septembre 2009, appelant à une réponse judiciaire fondée sur la rigueur du droit, la quête de vérité et le respect des droits des victimes. Il a invité les participants à tirer pleinement profit de ces échanges pour renforcer leurs compétences et consolider les acquis en les confrontant aux standards internationaux.

Prenant la parole à son tour, le représentant du Bureau du Procureur de la CPI, Jean-Jacques Badibanga, a salué la coopération exemplaire entre la Guinée et la juridiction internationale. Il a rappelé que la Guinée constitue aujourd’hui un cas significatif de mise en œuvre du principe de complémentarité, consacré par le Statut de Rome.
Il a notamment souligné les avancées enregistrées dans le traitement judiciaire des événements du 28 septembre 2009, tout en reconnaissant les défis persistants. « La complémentarité n’est pas uniquement un critère juridique, elle est avant tout le vecteur par lequel la justice se concrétise effectivement », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de renforcer les synergies entre juridictions nationales et internationales.
Cette session de formation, qui se tient du 14 au 16 avril 2026 à Conakry, vise à offrir un cadre d’échanges techniques et de partage d’expériences entre experts internationaux et acteurs judiciaires guinéens. Les participants seront amenés à explorer des thématiques complexes liées à la qualification, à la poursuite et au jugement des crimes internationaux, y compris les violences sexuelles en période de conflit.

Représentant le Garde des Sceaux, le conseiller chargé des questions institutionnelles, N’famara Camara, a, pour sa part, salué l’initiative et exhorté les magistrats à s’approprier les contenus de la formation. Au nom du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, il a procédé au lancement officiel de l’atelier dans une atmosphère empreinte d’espoir et d’engagement.
À travers cette initiative, la Guinée réaffirme sa volonté de bâtir une justice crédible, efficace et respectueuse des droits humains, tout en consolidant sa coopération avec les institutions internationales dans la lutte contre les crimes les plus graves.


