La 6ᵉ édition de la Semaine Nationale de la Citoyenneté et de la Paix (SENACIP 2026) a franchi une nouvelle étape ce lundi 18 mai 2026 avec le lancement simultané, dans plusieurs préfectures et communes du pays, d’ateliers de renforcement des capacités destinés aux acteurs locaux sur les techniques de négociation, de dialogue, de prévention et de gestion des conflits.

Placée sous le thème : « Apaiser l’espace civique pour une prospérité partagée », cette initiative portée par la Direction Générale de la Promotion de la Citoyenneté et de la Paix (DGCIP) ambitionne de consolider les mécanismes communautaires de prévention des tensions sociales et de promotion du vivre-ensemble à travers tout le territoire national.

À Matam, la cérémonie de lancement a été présidée par le Directeur Général de la DGCIP, Amirou Diawara, tandis qu’à Dixinn, les travaux ont été ouverts par Mohamed Sikhé Camara, Secrétaire général du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).

Dans son intervention, Amirou Diawara a souligné l’importance stratégique du renforcement des capacités des acteurs communautaires afin de préserver la paix sociale et favoriser la cohésion nationale.

« Placée sous le thème : “Apaiser l’espace civique pour une prospérité partagée”, cette édition traduit la volonté des autorités nationales de faire de la paix, du dialogue et de la cohésion sociale les piliers fondamentaux du développement de notre pays », a-t-il déclaré.

Le Directeur Général de la DGCIP a également rappelé le rôle essentiel des leaders communautaires dans la prévention des crises locales.

« Vous êtes les premiers interlocuteurs des populations, les relais de confiance, les artisans du dialogue et les acteurs privilégiés de la prévention des crises locales. Cet atelier a donc pour objectif de vous fournir des outils pratiques et des méthodes adaptées en matière de négociation, de médiation, d’écoute active et de gestion pacifique des différends », a-t-il indiqué.

Appelant à la promotion des valeurs républicaines et du respect mutuel, Amirou Diawara a exhorté les participants à œuvrer pour une société débarrassée des violences et des discours de haine.

« Nous devons tous contribuer à bâtir une société où les divergences s’expriment dans le respect des lois et des valeurs républicaines, loin des violences, des discours de haine et des divisions », a-t-il insisté, avant de remercier le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, le Premier ministre Amadou Oury Bah ainsi que le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation pour leur accompagnement constant aux initiatives de paix.

À Dixinn, Mohamed Sikhé Camara a mis l’accent sur la nécessité d’inscrire durablement les valeurs de paix et de citoyenneté dans les comportements quotidiens des Guinéens.

« Les questions de paix et de citoyenneté ne sont pas des questions à aborder seulement au cours d’une semaine. Elles doivent être intégrées dans notre mode de fonctionnement, dans notre système même de pensée parce qu’on le dit souvent : sans la paix, rien n’est possible », a-t-il affirmé.

Le Secrétaire général du MATD a également établi un lien entre la stabilité sociale et la vision de développement portée par le programme Simandou.

« Nous sommes dans un système de refondation où nous avons une vision à travers un programme qui est le programme Simandou. Cette vision, c’est d’aller vers l’émergence de la Guinée. Pour cela, il faut consolider la paix sociale, la cohésion entre Guinéens et surtout renforcer l’esprit de collaboration », a-t-il expliqué.

Dans son discours, Mohamed Sikhé Camara a aussi alerté sur les dangers des discours de haine propagés sur les réseaux sociaux.

« Les discours de haine que nous voyons sur les réseaux sociaux ne doivent pas être considérés comme la réalité. Parce que vous le savez très bien qu’entre ce qui se passe sur les réseaux sociaux et la réalité, il y a un océan. Tout ce qui se dit sur les réseaux sociaux n’est pas une vérité », a-t-il martelé.

Il a enfin invité les participants à devenir des ambassadeurs de paix dans leurs localités respectives.

« Vous devez vous engager pleinement pour maîtriser ce qu’on va vous transmettre afin que vous-même puissiez, dans vos quartiers, dans vos districts, dans vos secteurs et dans vos villages, transmettre le même langage et le même vocabulaire pour que la Guinée soit unie et indivisible », a-t-il exhorté.

De son côté, le président de la délégation spéciale de Matam, Mohamed Camara, a salué une initiative qu’il juge essentielle pour préserver la cohésion sociale dans un contexte marqué par des tensions et des incompréhensions au sein des communautés.

« Notre pays, la Guinée, est riche de sa diversité culturelle, sociale et ethnique. Cette diversité a toujours représenté une force inestimable et un puissant facteur d’unité nationale. Cependant, nous constatons aujourd’hui que nos communautés sont parfois confrontées à des tensions sociales, à des incompréhensions persistantes et à des discours de division », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue et la médiation pour prévenir les conflits.

« Face à ces défis réels et pressants, il devient impératif de promouvoir le dialogue, l’écoute mutuelle, la tolérance et la médiation comme outils privilégiés de prévention et de résolution pacifique des conflits », a-t-il ajouté.

Même appel à Dixinn où le Secrétaire général de la commune, Moussa Sanguiana Camara, a rappelé aux participants leur responsabilité dans la préservation du tissu social.

« Vous êtes des acteurs clés de vos communautés respectives. Par votre influence, votre proximité avec les populations et votre engagement citoyen, vous avez un rôle déterminant à jouer dans la sensibilisation, la prévention des tensions et le renforcement de la cohésion sociale », a-t-il souligné.

À travers cette série d’ateliers organisés sur l’ensemble du territoire national, les autorités guinéennes entendent renforcer les mécanismes communautaires de dialogue et de médiation afin de prévenir les conflits et promouvoir un climat social apaisé, considéré comme un levier indispensable au développement et à la prospérité de la Guinée.

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