En mission à l’intérieur du pays sur instruction du Président de la République, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, poursuit sa tournée dans les régions de Kankan et de N’zérékoré. Cette démarche vise à s’enquérir du fonctionnement des services judiciaires et à échanger directement avec les acteurs de la chaîne pénale.
Après kouroussa, le Garde des Sceaux s’est rendu au Tribunal de première instance de Siguiri, où il a rencontré les autorités administratives, la notabilité ainsi que le personnel judiciaire.
Face aux magistrats et autres acteurs de la justice, le ministre a relayé la volonté du Président de la République d’impulser un changement profond dans le fonctionnement de la justice guinéenne.
« Il faut que le fonctionnement de la justice change, il faut que la justice soit accessible et qu’elle puisse être rendue conformément aux aspirations du peuple de Guinée », a-t-il déclaré.
Les frais de justice au cœur des échanges
Au cours de la rencontre, la question des frais liés aux actes judiciaires a occupé une place importante. Le ministre a demandé au président du tribunal de faire afficher les tarifs officiels des frais de justice dans les locaux de la juridiction, rappelant que ceux-ci sont fixés par arrêté conjoint des ministères de la Justice et des Finances.
Ibrahima Sory II Tounkara a également attiré l’attention des magistrats sur les frais de transport judiciaire, considérés comme l’un des facteurs susceptibles de ralentir certaines procédures lorsque les justiciables ne sont pas en mesure de les supporter.
Tout en appelant à des changements sur ces différents aspects, le ministre a tenu à saluer les efforts consentis par les acteurs de la justice, confrontés à de nombreuses difficultés dans l’exercice de leurs missions.
Il a, par ailleurs, assuré qu’il entend œuvrer à la recherche de solutions aux difficultés rencontrées par le personnel judiciaire.
Humanisation du système carcéral
En sa qualité de ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara a également accordé une attention particulière aux conditions de détention.
Lors de sa visite à la maison d’arrêt de Siguiri, le ministre a pu constater les travaux réalisés, notamment la mise en service de trois nouveaux blocs destinés à accueillir des détenus.
Dans le cadre de l’amélioration du fonctionnement de la chaîne pénale, il a demandé au procureur d’accélérer l’audiencement des dossiers afin que les personnes détenues puissent être jugées dans des délais raisonnables.
Le Garde des Sceaux a également invité les procureurs et les juges d’instruction à privilégier, lorsque les conditions légales sont réunies, les mesures alternatives à la détention, notamment le contrôle judiciaire.
« La liberté est le principe, la détention est l’exception », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de faire de ce principe légal une réalité dans la pratique judiciaire.
De la grâce présidentielle à la réinsertion
Le ministre a enfin évoqué la mesure de grâce intervenue le 2 octobre, qui comporte, selon lui, un volet consacré à la réinsertion sociale des bénéficiaires.
Les personnes concernées doivent être accompagnées dans un cadre destiné à leur assurer un encadrement civique et à favoriser leur réintégration dans la société.
À travers cette tournée dans les juridictions de l’intérieur du pays, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme entend ainsi rapprocher davantage la justice des citoyens, améliorer les conditions de travail des acteurs judiciaires et poursuivre les efforts engagés en faveur d’un système carcéral plus humain et respectueux des droits fondamentaux.
Par, Ousmane Bony Sylla


