À l’occasion de la cérémonie d’ouverture des audiences hors siège de la Cour de Justice de la CEDEAO en République de Guinée, le Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Guinée  Maître Mamadou Souaré Diop a livré un discours empreint d’engagement en faveur de l’État de droit, de l’intégration juridique africaine et du renforcement de l’accès des citoyens à la justice communautaire.

Prenant la parole devant les hautes autorités judiciaires, gouvernementales et diplomatiques, le Bâtonnier a salué la présence du président de la Cour de Justice de la CEDEAO et de sa délégation à Conakry, estimant que cette initiative constitue « un acte institutionnel fort » traduisant la volonté de rapprocher la justice communautaire des populations de la sous-région.

Selon lui, cette audience hors siège incarne « une justice accessible, une justice qui écoute, une justice qui dialogue et une justice qui rassure », dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, politiques et sociaux importants.

Le Bâtonnier a rappelé le rôle central joué aujourd’hui par la Cour de Justice de la CEDEAO dans la protection des droits fondamentaux au sein de l’espace communautaire ouest-africain. D’abord conçue comme une juridiction d’interprétation des textes communautaires, la Cour est progressivement devenue, a-t-il souligné, une véritable juridiction régionale de défense des droits humains.

Citant le juriste français René Cassin, Prix Nobel de la Paix, il a déclaré : « Il n’y a pas de paix sans justice, il n’y a pas de justice sans droit, et il n’y a pas de droit digne de ce nom sans juridiction indépendante pour le faire respecter. »

Dans son allocution, le Bâtonnier a également insisté sur la nécessité de renforcer la connaissance de la justice communautaire auprès des praticiens du droit, notamment les avocats, magistrats, universitaires et étudiants. Il a rappelé que les avocats demeurent les principaux relais entre les citoyens et les institutions judiciaires.

« Renforcer la connaissance de la Cour auprès des barreaux revient à renforcer l’accès des populations à la justice régionale elle-même », a-t-il affirmé.

Le Barreau de Guinée a, par ailleurs, réaffirmé son attachement aux valeurs de paix, de justice, de liberté et de dignité humaine qui fondent l’idéal communautaire africain. Le Bâtonnier a plaidé pour le renforcement des juridictions africaines et de leur indépendance, estimant que l’Afrique doit davantage faire confiance à ses institutions judiciaires.

S’appuyant sur une citation de Montesquieu, il a rappelé que « la liberté ne peut exister sans séparation des pouvoirs », avant d’insister sur l’importance du dialogue entre les juridictions nationales et la Cour communautaire.

Le Barreau de Guinée s’est également engagé à accompagner toutes les initiatives visant à promouvoir les droits humains, renforcer la culture juridique communautaire, former les avocats et consolider l’indépendance de la justice dans la sous-région.

Clôturant son intervention, le Bâtonnier a formulé le vœu que cette mission de la Cour de Justice de la CEDEAO en Guinée contribue à renforcer la confiance des citoyens dans les mécanismes régionaux de protection des droits et à susciter des vocations chez les jeunes juristes africains.

Reprenant une pensée de Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux français, il a conclu : « La justice est la première dette de la souveraineté », avant d’appeler à préserver le droit comme « ultime rempart contre l’arbitraire ».

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