La commune de Matam a accueilli, ce mercredi 15 avril 2026, la deuxième étape de la campagne de vulgarisation du Code de l’enfant, après son lancement officiel en début de semaine dans la commune de Kaloum. Cette initiative est portée par la Direction nationale de l’Éducation surveillée et de la Protection judiciaire de la jeunesse, en collaboration avec le Tribunal pour enfants de Conakry, avec l’appui financier de l’UNICEF. Elle se déploiera dans les treize communes de la capitale, conformément au calendrier établi depuis son lancement le 8 avril par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme.
La cérémonie s’est tenue dans la salle de conférence de la mairie de Matam, sous la présidence du président de la délégation spéciale par intérim, El Hadj Mohamed Camara. Elle a réuni plusieurs autorités locales et judiciaires, dont le président du Tribunal pour enfants de Conakry, Mohamed Bama Camara, des conseillers communaux, la Directrice communale de la promotion féminine, le Directeur national de l’enfance, des chefs de quartiers ainsi que de nombreux invités.
Dans son intervention, El Hadj Mohamed Camara a souligné l’importance de cette campagne dans le contexte national. Il a rappelé que « la protection et la promotion des droits de l’enfant constituent aujourd’hui une priorité nationale », inscrite au cœur de la vision des autorités. Selon lui, cette ambition vise à « bâtir une société plus juste, équitable et inclusive », où l’enfant occupe une place centrale dans les politiques publiques.
Il a également précisé que cette vision se traduit par des actions concrètes visant à garantir à chaque enfant ses droits fondamentaux, notamment l’accès à l’éducation, à la santé, à la protection contre toutes formes de violence, ainsi qu’à une participation active à la vie sociale. Au niveau local, la délégation spéciale de Matam entend accompagner pleinement ces initiatives en faveur de l’enfance. « La réussite de cette mission passe par une synergie d’actions entre les autorités, les familles, les communautés et les partenaires techniques », a-t-il affirmé.
S’adressant directement aux enfants, il a lancé un message de responsabilisation : « Vous êtes l’avenir de notre nation. L’État œuvre pour garantir vos droits, mais vous devez également cultiver les valeurs de discipline, de respect et d’excellence ».
De son côté, Aïba Camara, membre du Parlement des enfants de Guinée, a insisté sur la nécessité de rendre le Code de l’enfant accessible à tous. « Le Code de l’enfant ne doit pas être seulement un texte juridique, mais il doit être connu de tous », a-t-elle déclaré. Elle a expliqué qu’un enfant informé de ses droits est mieux outillé pour participer aux décisions le concernant et pour contribuer à sa propre protection.
Elle a toutefois évoqué les défis persistants auxquels les enfants guinéens sont confrontés, notamment en matière d’éducation et de violences. Face à cette situation, elle a appelé à une application rigoureuse des textes : « Ce que j’aimerais que l’État prenne en charge, c’est le respect effectif des lois du Code de l’enfant », estimant que cela permettrait de mieux protéger les enfants et de sanctionner les cas de maltraitance.
Revenant sur le rôle du Parlement des enfants, elle a précisé que leurs actions reposent sur le plaidoyer auprès des autorités et la sensibilisation des populations, notamment dans la lutte contre les violences basées sur le genre et les maltraitances.
Pour sa part, le président du Tribunal pour enfants de Conakry, Mohamed Bama Camara, a rappelé que l’objectif principal de cette initiative est d’expliquer, dans un langage accessible, le contenu du Code de l’enfant à l’ensemble de la population, en particulier à ceux qui ne maîtrisent pas les instruments juridiques.
Il a également mis en avant la qualité du cadre juridique guinéen, soulignant que « le Code de l’enfant guinéen est l’un des mieux élaborés de la sous-région », tout en insistant sur la nécessité de le vulgariser afin de favoriser son appropriation par tous. « Nous devons chaque jour nous investir davantage pour la protection de ceux qui constituent l’avenir de notre pays », a-t-il conclu.
À travers cette campagne, les autorités guinéennes, avec l’appui de leurs partenaires, entendent renforcer la connaissance et l’appropriation du Code de l’enfant par les populations. Entre engagement institutionnel, mobilisation communautaire et plaidoyer des jeunes, tous les acteurs s’accordent sur une priorité : faire des droits de l’enfant une réalité concrète, afin de garantir à chaque enfant un avenir protégé, éduqué et digne.
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